Dimanche 27 décembre 2009
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Une nouvelle oeuvre de la « culture de la congestion » ou hollandisme a fait son apparition dans le ciel de Madrid. Il s'agit de l'immeuble résidentiel Mirador, la dernière
réflexion du groupe hollandais MVRDV sur la densité et la vie contemporaine. Le Mirador se dresse à Sanchinarro, sur un site inutilisé de la
banlieue nord-est de Madrid, dans une zone en pleine expansion délimitée par les bretelles de l'autoroute et destinée à devenir un nouveau quartier résidentiel. Il fait partie du programme promu par l'Ayuntamiento (la mairie) de Madrid qui vise à requalifier les faubourgs victimes de l'urbanisme le plus sauvage.
La troisième ville européenne pour le nombre d'habitants s'est en effet étendue suite aux spéculations immobilières, sans un plan cohérent et,
surtout, sans se soucier de la qualité architecturale et des conditions de vie des quartiers. C'est pourquoi de nombreux architectes madrilènes ont été appelés en 2001 à élaborer, en
collaboration avec les grandes agences d'architecture internationales, des propositions pour des édifices résidentiels pouvant répondre à la demande de logements de plus en plus variée et
croissante et en mesure de devenir un point de référence pour l'ensemble de la ville.
Le projet sélectionné pour Sanchinarro a été celui mis au point par Blanca Lleó et MVRDV. Ces derniers ont proposé un bâtiment de 22 étages qui brise l'uniformité et la banalité des pâtés de maisons
fermés, avec les édifices typiques de la banlieue madrilène ayant au maximum six étages.
Le Mirador se dissocie de la logique du gratte-ciel ou de l'édifice résidentiel rationaliste, caractérisés par la répétition monotone des unités d'habitation de base, pour proposer une
composition plus articulée et complexe. Il adopte les valeurs incontestables de l'espace habitable : maximum de place et de lumière
naturelle, confort adéquat et vue panoramique. Il occupe une surface de 25 393 m² et abrite une grande variété de types d'habitations afin de regrouper des groupes sociaux et des styles de
vie différents en un seul lieu.
Les 165 appartements sont divisés par type en 9 petits édifices qui s'articulent autour du grand vide central de la terrasse panoramique et sont reliés
par un système de circulation continu. Les zones d'accès ont été conçues comme une série de petites routes verticales qui se transforment le long du parcours, en soulignant ainsi la diversité des
différents blocs résidentiels et leur organisation en «mini quartiers». Le but est celui de proposer un système d'appartements
flexibles, pouvant s'adapter à l'identité que chaque habitant veut donner à son intérieur, et prêt à se transformer en fonction de la demande. Cette hétérogénéité typologique ressort dans les façades grâce à la modulation et à la position des ouvertures et à la variété des matériaux, des textures et des
coloris du revêtement. Les dalles de pierre, les tesselles de mosaïque et le ciment déclinés dans les nuances du gris, du noir et du blanc soulignent les différents blocs, tandis que les zones
destinées à la circulation se distinguent clairement car elles sont d'un bel orange vif.
Deux solutions ont été adoptées pour créer des espaces communs: d'un côté le développement en hauteur de l'édifice a permis de laisser une bonne partie
du lot libre, en contribuant à la création des espaces publics requis par la ville contemporaine. De l'autre, le grand espace collectif du
belvédère, situé au douzième étage de l'édifice, est un site de rencontre important, aussi bien pour les habitants du complexe que pour les visiteurs attirés par le panorama splendide sur la
sierra de Guadarrama. Le projet prévoit en effet un grand escalier roulant qui permet d'accéder directement à la terrasse de la place située devant l'édifice. L'architecture domestique s'ouvre ainsi au contexte en devenant un nouvel élément où socialiser mais aussi le symbole de la renaissance de la banlieue
madrilène.
Détourné et hybridé de
Materia n° 47
Par Anthony Le Cazals
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Publié dans : Oeuvres
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